Autant ce phénomène de résistance au changement est connu dans le monde du management, autant il me semble que c’est un thème un peu passé sous silence dans le monde du développement personnel avec une fâcheuse tendance au « Yaka » – avec le sous-entendu que la volonté devrait suffire pour y arriver.

Vous avez peut-être vous-même essayé des recettes données par des grands gourous du développement personnel pour vous apercevoir que ce qui avait si bien marché pour eux ne semblait pas aussi bien fonctionner pour vous ou que vous vous heurtiez à un mur…

La pièce manquante du puzzle est fréquemment liée à vos croyances limitantes, votre état d’esprit (mindset) ou certains schémas de pensée qui viennent immanquablement mettre des grains de sable dans ces si beaux rouages (en apparence).

Sachez que vous n’êtes pas seuls… j’entends un « Ouf » de soulagement !

J’ai identifié plusieurs freins que vous pouvez être amené à rencontrer :

  • La peur de ne pas être à la hauteur ou de ne pas être capable
  • La peur de quitter la zone de confort
  • La peur de l’inconnu
  • La peur de perdre son identité
  • La peur de perdre la relation avec ses pairs, amis, collègues, famille
  • le deuil du passé
  • Les bénéfices secondaires
La nature est le reflet du monde qui change en permanence à l'opposé de la résistance au changement
La nature est le reflet d’un monde en perpétuel changement.
Photo par Ryutaro Tsukata pour Pexels

Les freins de la résistance au changement

Peur de ne pas être à la hauteur ou de ne pas être capable
Bien souvent, il y a un manque de confiance résultant de croyances inculquées par les parents (inconsciemment) dont les enfants héritent et qu’ils prennent pour argent comptant ou encore il peut s’agir du résultat d’un jugement qu’on fait sien
(ex: Tu es un bon à rien, tu n’y arriveras jamais…)

Peur de quitter la zone de confort
Nous avons tous une zone dans laquelle nous sommes en sécurité, que nous connaissons bien, les visages y sont familiers, les situations aussi mais cela peut constituer un frein si nous n’évoluons pas, ne l’agrandissons pas.

Pourquoi l’injonction sortez de votre zone de confort ne marche pas pour beaucoup de gens…

Sortez de votre zone de confort ! J’adore cette injonction qui fait gentiment appel à votre cerveau gauche (rationnel, logique) et qui oublie que les freins ne se situent pas tant de ce côté-là…. parce que les émotions, les croyances limitantes ne répondent pas à des injonctions. Peut-être que ces injonctions fonctionnent avec certain(e)s et c’est ok pour eux mais je ne suis pas convaincu que cela rassemble une majorité…

Quand vous allez vouloir faire quelque chose qui est à l’opposé de ce que vous faites habituellement, il risque d’y avoir une levée de boucliers (par votre subconscient) avec le risque du discours négatif que vous allez vous tenir après un échec, et qui va aboutir à renforcer la spirale négative. ((ex: Je suis nul…)

Par contre, si vous adoptez une tactique différente qui consiste à ELARGIR votre zone de confort, en procédant progressivement, pas à pas, sans enjeux majeurs, et en prenant confiance au fur à mesure pour l’agrandir un peu plus à chaque fois, vous mettez plus de chances de votre côté.

Peur de l’inconnu
Notre subconscient cherche à nous protéger (à moins qu’il soit conditionné autrement) de ce qu’il ne connaît pas , car il n’a pas de points de références pour assurer notre sécurité, voire notre survie. Il va falloir le « rassurer » pour lever cette peur.

Peur de perdre son identité
L’identité est une chose à laquelle on ne touche pas impunément et votre subconscient est là pour vous protéger, puisqu’une menace à l’identité, cela peut signifier la mort
ex; les gens qui font une crise cardiaque immédiatement après avoir pris leur retraite parce qu’ils se sont tellement identifiés à leur travail, que lorsque ce dernier s’arrête, ils ont le sentiment de cesser d’exister
Si je ne suis plus X dans une situation connue, si la situation change, qui suis-je ? pourrait être la question
Donc, là encore le changement peut être vécu comme une menace.

Peur de perdre la relation avec ses pairs, amis, collègues, famille
Cette peur est souvent couplée à la précédente, parce que si je ne me reconnais plus, si je change, je risque de perdre mes amis, relations, que va dire ma famille, vont-lls me rejeter et il s’agit ici d’une peur ancestrale puisque l’homme des cavernes craignait d’être exclu de la tribu, ce qui signifiait irrémédiablement la mort à cette époque, avec les animaux sauvages.

Le deuil du passé
Il peut y avoir la peur de perdre une situation, un cadre connu avec toute la vie qui gravite autour et qui peut être vécu littéralement comme un deuil parce qu’on ne sait pas ce que l’on va trouver de l’autre côté du changement (alors qu’on sait ce qu’on perd)

Comment est-ce que vous pouvez surmonter ces obstacles (ou du moins commencer de le faire) ?

Voici, tout d’abord, deux questions très utiles que vous pourriez vous poser face à un changement :

  • Qu’est-ce que je gagne ?
  • Qu’est-ce que je perds ?

Méfiez-vous de l’apparente simplicité de ces deux questions et prenez le temps d’y répondre, vous verrez, cela en vaut la peine.

Les bénéfices secondaires
Par exemple, avec la deuxième question, ll s’agit de ce que l’on appelle les bénéfices secondaires, c’est-à-dire des bénéfices que vous retirez en ne changeant pas – cela peut-être que vous garderez l’attention des amis ou de la famille (par exemple), et donc que vous retirez un bénéfice plus grand avec le statu quo, plutôt qu’en changeant; naturellement, ce n’est pas toujours conscient au premier abord mais répondre à la question le plus honnêtement possible, voire avec l’aide d’un coach ou thérapeute peut aider à les identifier.

Après avoir répondu à ces deux questions, le plus honnêtement possible, si les bénéfices secondaires semblent plus importants, il peut être utile d’entreprendre une démarche avec un coach ou thérapeute pour vous aider à changer de perspective (dans la mesure où vous êtes partant pour le faire, naturellement) – il y a, notamment, des process parfaitement adaptés (tels les 4 questions de Byron Katie aussi appelé The Work ou le Travail – qu’il serait trop long de développer dans cet article).

Je vous donne ici un exemple (assez classique) :
une personne vient me voir pour une problématique de santé embarrassante dans sa vie quotidienne mais s’il va mieux (et guéri), il perd sa pension d’invalidité et s’aventure dans l’inconnu, il va falloir trouver un travail, un logement, quitter le nid familial, donc le bénéfice « perçu » à ne pas changer est supérieur à celui du changement et il arrête rapidement les séances (des fois que ça marche…).

Brûler tous ses bateaux…
Cette stratégie militaire a été utilisée à de nombreuses reprises dans l’histoire (Agathocle de Syracuse pour envahir Carthage, Guillaume le Conquérant, Hernando Cortes pour motiver les troupes, vous supprimez l’option B et la possibilité de retour, ne reste plus que l’option A (la victoire) ou la mort – d’une redoutable efficacité…
De la même manière, si vous investissez toute votre énergie dans la même direction, sans option B, cela peut-être une stratégie gagnante.

Sun Tzu dans son livre l’Art de la Guerre conseille, lors d’un siège, de toujours laisser une brèche ouverte pour que quelques individus puissent s’échapper d’une citadelle encerclée. Dans quel but ? La démotivation. En laissant quelques individus s’échapper, les assiégés peuvent croire qu’il y a une possibilité d’éviter d’être vaincus, alors que s’ils savent qu’ils n’ont aucune issue, ils se battront avec une énergie redoublée (ils n’ont plus rien à perdre et deviennent de redoutables combattants, animés par l’énergie du désespoir).

Ok, ce n’est pas très flatteur, mais voyons un peu, comment vous pourriez l’adapter d’une manière positive…

Faire de son subconscient un allié
Quand vous signifiez à votre subconscient que vous êtes au pied du mur, qu’il n’y a pas d’autre solution, vous allez mobiliser une énergie qu’on pourrait appeler l’énergie de la survie. En gros, l’équation est simple, où vous passez par la solution X ou c’est la mort – autant dire que le subconscient reçoit bien le message puisque son job c’est précisément de vous maintenir en vie et en sécurité; il va donc tout mettre en oeuvre pour vous soutenir dans cette démarche.

De la même façon, s’il ne vous reste qu’une issue pour vous sortir d’une situation où vous vous sentez au pied du mur – ici le changement – vous allez vous y engager pleinement avec l’énergie de la survie. C’est pourquoi, j’apprécie tout particulièrement les clients qui me disent que « c’est le moment »  pour eux, parce que je sais qu’ils sont prêts à s’investir dans un travail sur eux et qu’ils mettront toute leur énergie pour tenir l’engagement qu’ils prennent pour atteindre la résolution du ou des problèmes.

Alors, sans aller forcément jusqu’à brûler vos bateaux (mais si ça marche pour vous, tant mieux), si vous sentez que vous n’y arrivez pas seul, il est recommandé de se faire accompagner par quelqu’un qui a suffisamment de recul tel un coach ou un thérapeute,, pour identifier quels sont les points parmi ceux-ci qui freinent votre cheminement sur la voie du changement afin de mieux les surmonter.

Une pensée à méditer…

la résistance au changement

Cet article participe à un festival d’articles sur le thème « les principaux freins à l’accomplissement de soi » organisé par Mathieu Vénisse du blog Penser et Agir, et expert en développement personnel par l’action, qui est, notamment, l’auteur d’un article sur la zone de confort qui pourrait vous intéresser

Et sur le même sujet, vous pouvez lire cet article « changer le monde, ça commence par soi-même »