Oser s’exprimer devant un groupe, se mettre en avant, n’est pas chose facile pour tout le monde.

Voilà une série de questions que je me suis posées en participant à des stages, en animant certains stages et avec des groupes sur Facebook :

  • Qu’est-ce qui fait que certains participent plus dans un groupe ?
  • Qu’est-ce qui fait que certains n’osent pas participer ?
  • Qu’est-ce qui fait que certains – à mon sens – n’osent pas participer, n’osent pas s’exprimer, n’osent pas se mettre en avant ?

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[Tweet « Qu’est-ce qui fait que certains participent plus que d’autres dans un groupe ? »]

Tout dépend de l’espace accordé, de l’animateur, des croyances des participants, de leur degré de confiance en soi.

Comment démêler tout cela ?

J’ai le souvenir de stages où l’animateur est une espèce de super-star ou agit comme telle et ne laisse pas d’espace pour que les participants expriment leur ressenti au sujet du stage, de l’animation du groupe. Là, le sujet est vite réglé, me direz-vous. Sauf que, évidemment, le participant reste sur sa faim, ou sur une frustration, parfois conforté dans la (fausse) idée que son avis a peu d’importance ou que l’on se fiche de son opinion, de son ressenti ou encore que ce qu’il avait à dire n’était pas de premier plan car ne relevant pas du psychodrame. L’ayant personnellement vécu, il y a peu, je peux imaginer ce que certains ont pu ressentir, en dehors des groupies inconditionnelles de l’animateur.

Je vois aussi le cas de figure où une poignée d’individus, avides de reconnaissance, quelle qu’elles soient, prend tout l’espace disponible, dans un espèce de psychodrame que personne n’ose interrompre au risque de passer pour un(e) sans-coeur, un indifférent ou un égoïste – je vous invite à y regarder à deux fois quand quelqu’un traite une autre personne d’égoïste car en général on pourrait facilement lui retourner la politesse…

De surcroît, en plein psychodrame, la plupart des gens n’osent intervenir, ne sachant par quel bout l’attraper et ayant la frousse de provoquer une scène encore pire que la précédente. Ce qui est assez légitime… (l’animateur lui-même n’ayant pas toujours la solution). Deux ou trois personnes auront monopolisé l’attention – c’est justement leur problème – en espérant que le stage va résoudre leur difficulté, ce qui n’est malheureusement pas l’objectif du stage puisque celui-ci est plutôt d’apprendre quelque chose mais dans l’esprit d’un certain nombre de gens (je l’ai constaté aussi à mes dépens), le stage doit leur servir à régler leur problème et dans un deuxième temps, éventuellement, à apprendre quelque chose.

Le risque étant celui du double effet Kiss-cool, on n’a pas réussi à régler le problème et comme une bonne partie du temps est passée à cela, on n’a pas eu le temps nécessaire pour l’apprentissage et la pratique, qui étaient au départ le but du stage – est-il besoin de le rappeler ?

Il est parfois possible de régler un problème durant un stage, mais serez-vous d’accord avec moi sur le fait que le but principal est qu’on est surtout venu y apprendre quelque chose ? J’ajouterais même que tous les participants sont venus y apprendre quelque chose.

[Tweet « Certains croient que les stages doivent régler leur problème… »]

Le gros problème de cette situation, c’est qu’une minorité repartira satisfaite – « on s’est occupé de moi« – pendant que les autres repartiront frustrés du peu de temps qui leur a été accordé pour s’exprimer.

En faisant le bilan de cette première édition du groupe « 21 jours de gratitude » sur Facebook, j’ai été également amené à m’interroger sur la participation des membres. Certains ont une grande facilité, ont un langage fleuri, des réflexions profondes et cela s’est bien passé, sans heurts, ni ego surdimensionnés, et je m’en réjouis mais là aussi, j’ai l’impression que certains se sont freinés ou retenus.

Je me suis souvenu d’un stage où en tant que participant, je m’étais rendu compte que quelques personnes témoignaient leur expérience, lorsque l’animateur leur permettait de leur faire et qu’après l’intervention de quelques uns, le reste du groupe m’avait paru étonnamment silencieux.

Avec le recul, je me rends compte que les autres participants étaient peut-être bien dans le jugement (d’eux-mêmes). Peur de ne pas avoir de témoignage aussi spectaculaire, peur de ne pas avoir une description aussi littéraire, imagée, fleurie, etc… Peur d’être moins « intéressants ».

D’où nous vient tout ce fatras, toutes ces croyances erronées, cette mauvaise image de nous-même, ce manque de confiance en soi ? Il y a souvent une tradition familiale à l’origine de cela pour laquelle en général, les parents n’ont pas conscience de ce qu’ils véhiculent quand ce ne sont pas des expériences traumatisantes qui ont sapé la confiance en soi. Bien sûr, selon que l’on est extraverti ou introverti, on le fera de manière différente (voir ci-dessous la vidéo passionnante de Susan Cain)

Au terme de ces 21 jours de gratitude (avec le groupe Facebook), j’ai également pris un temps de réflexion pour me demander si j’avais fait tout ce que j’avais pu pour inciter les membres du groupe à se sentir suffisamment à l’aise pour participer. Peut-être pas, en effet…

J’aurais dû insister sur le fait que l’expérience de chacun est précieuse, non seulement pour lui-même mais aussi pour d’autre membres qui se reconnaîtront dans la problématique, la difficulté, les circonstances, voire même l’histoire familiale et qui en ressortiront enrichis. Je suis convaincu que, dans certains, même, un témoignage résonnera plus fort pour une personne que ce que l’animateur a pu proposer dans ses conseils, ses suggestions (c’est bien, ça rend humble…).

Et comme je ne l’ai pas suffisamment fait, je vais le mettre en gras :

L’expérience de chacun est importante et il n’y en a pas une qui soit moins importante qu’une autre (même si elle est moins spectaculaire – combien se reconnaissent dans des témoignages spectaculaires, pas nécessairement le plus grand nombre) !

Alors, je vous invite maintenant à considérer que votre expérience est toute aussi importante et précieuse que celle du voisin, qu’elle apporte au groupe (vous risquez de priver le groupe de quelque chose d’important si vous ne le faites pas) et aussi à vous-même, en disant au monde qui vous êtes, même si ça vous semble encore incongru ou inconfortable, et en apportant votre pierre à l’édifice de l’humanité, une humanité qui ne se limite pas aux pseudo-stars médiatiques qui défrayent la chronique et n’inspirent pas une humanité, qui dans son collectif, n’aspire qu’à être portée vers le haut grâce à des valeurs qui l’élèvent.

Je vous invite à libérer votre parole…

Prenez la parole, dites ce que vous avez ressenti, vécu, dans un stage, dans un groupe, dans une réunion, même si c’est très simple, et fichez-vous de ceux qui pourraient glousser, se moquer ou critiquer et ne laissez personne parler à votre place, car votre voix contribue au chant de l’Univers et il est important qu’il n’en manque pas une seule…

[Tweet « Votre expérience est toute aussi importante et précieuse que celle du voisin »]

Nota bene : il y a des personnes qui, volontairement, ne souhaitent  pas témoigner, et je respecte ce choix, naturellement.

Si vous exprimer devant un groupe est quelque chose qui vous pose problème et que vous souhaitez résoudre,  je vous invite à me demander un entretien préalable en cliquant ici

Voir aussi, l’article d’introduction au défi de 21 jours de gratitude