Dans le panel des relations, la relation amoureuse est considérée comme prépondérante, à tel point que lorsque parle de relations, ce sont souvent les relations amoureuses qui sont sous-entendues.

 

[Cet article participe à l’évènement du mois de la Croisée des blogs sur le thème de « la relation à l’autre, besoin ou envie ? » organisé par Théo Duverger du blog Acteur de sa Vie  ainsi que par le site Développementpersonnel.org]

 

Ce qui m’intéresse ici, c’est d’envisager une circonstance très particulière, qui met en jeu des choses inconscientes la plupart du temps.

Peut-être connaissez-vous quelqu’un qui a une tendance à tomber amoureux tous les 3 jours et qui même s’il sait que cela ressemble étrangement à un schéma qui se répète, il ou elle a l’impression d’avoir trouvé la « bonne » personne et d’être vraiment et profondément tombé amoureux ?

Et en même temps, il ou elle n’a pas envie d’arrêter d’y croire ? (ce qui semble une façon de penser assez saine par ailleurs)

Il est très vraisemblable qu’il se joue quelque chose de tout à fait propre à cette personne mais qui un phénomène assez répandu, cependant.

 

Quand on se met à chercher qu’est-ce qui précisément plaît dans cette personne rencontrée, on obtient des réponses très intéressantes.
En listant les qualités perçues chez la personne, objet de cet « amour », on trouve soudain des qualités que la personne qui est tombée amoureuse avait soit perdues, soient refoulées pour une raison ou une autre, mais qui au fond lui manquent.

Pour citer un cas célèbre, il y a le cas de Gregg Braden, auteur et conférencier de renom dans le domaine du développement personnel et de la spiritualité, qui cite ce cas où il avait rencontré une jeune femme lors d’un de ses stages et avait décelé une vraie connivence, une vrai complicité si bien qu’ils avaient discuté pendant des heures ensembles et que le moment des adieux avait été vécu comme un déchirement pour Gregg.

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Il s’était aperçu qu’il trouvait chez cette personne une spontanéité, une innocence, un enthousiasme que lui-même avait mis de côté dans son très sérieux métier d’ingénieur et en retrouvant ces qualités chez cette personne, il a avait tout d’un coup le sentiment de pouvoir reprendre contact avec celles-ci, en prenant conscience du manque que leur absence avait occasionné.

On pourrait dire qu’il avait retrouvé une part de lui-même en la reconnaissant chez l’autre. Ce n’est qu’en l’analysant qu’il a compris ce qui se passait et qu’il ne s’agissait pas d’une « véritable » rencontre amoureuse.

Ce qui s’est joué est tout à fait intéressant parce que tant qu’on n’y accorde pas de réflexion, le phénomène peut passer inaperçu et nous entraîner dans des relations qui ne seront pas forcément heureuses.

En fait dans ce cas, on pourrait dire que l’autre nous renvoie un miroir d’une partie de nous que nous avons refoulée, enfouie mais qui fait partie de nous et qui nous manque (ce qui fait que certains vont chercher à s’engager dans la relation amoureuse pour retrouver cette partie et nous redonner un sentiment de complétude).

Souvent, la raison pour laquelle nous avons étouffé cette qualité, cette partie de nous-même a un rapport avec la survie et le besoin de sécurité voire l’acceptation par le groupe. Il est sans doute plus facile d’enfouir sa spontanéité que de la mettre en avant dans certains milieux professionnels où le principe de sérieux et de professionnalisme s’accorde mal avec une créativité débridée.

 

Si vous vous retrouvez dans de telles circonstances, je vous engage à vous accorder un temps de réflexion, à vous poser pour observer les qualités que vous trouvez chez l’autre et vous demander s’il ne s’agit pas d’une partie de vous-même dont vous vous êtes séparé et à laquelle vous aimeriez vous reconnecter.

Vous pourriez vous poser différentes questions pour amener ces points importants au niveau conscient :

  • Qu’est-ce qui s’est passé ?
  • Que se passe-t-il maintenant ?
  • Qu’est ce que je vois chez cette personne que j’ai perdu, cédé ou me suis fait prendre ou ai oublié à propos de moi-même et qui me donne le sentiment d’être complet quand je suis en présence de cette personne ?

Par ailleurs, Gregg Braden encourage, lorsque cela survient et que vous détectez le mécanisme, à en faire part à l’autre en lui disant qu’on a reconnu ces qualités chez lui/elle, que cela nous touche beaucoup et qu’on a pris conscience à quel point on les avait perdues de vue, c’est une bonne façon de lever le malentendu qui risque de prendre place si on ne l’exprime pas et permet peut-être également d’ouvrir la porte à une relation plus authentique.

Si vous souhaitez vous reconnecter à ces qualités, peut-être pouvez-vous vous entraîner à les pratiquer dans un cadre plus « neutre » émotionnellement. S’inscrire à un club, une association, retrouver des amis plus régulièrement, que sais-je…

Il m’est arrivé quelque chose de similaire lorsque je travaillais en entreprise, où j’étais tombé sous le charme d’une jeune assistante pleine de vie, de gaité et d’enthousiasme mais intuitivement j’avais senti qu’il ne fallait pas que je m’engage dans une relation amoureuse. Ce n’est que bien plus tard, en lisant l’aventure de Gregg Braden que j’ai compris ce qui m’était arrivé…

En vous posant les questions suggérées plus haut, cela vous procurera l’occasion de mieux vous connaître, et une meilleure connaissance de soi, cela signifie un peu plus de sagesse et c’est toujours de la liberté de gagnée.

Dans mon activité de coach/praticien en gestion du stress et des émotions, je vous aide à identifier ces qualités et comment les retrouver sans retomber dans le schéma de l’éternel amoureux ou éternelle amoureuse…

Référence bibliographique :
Marcher entre les mondes : La science de la compassion par Gregg Braden