Ce n’est pas une blague.

 

Les seules parties de mon corps que je peux bouger sont mes yeux et mes lèvres.

Mes mains, mes bras, mes pieds et mes jambes sont presque totalement paralysés, me permettant occasionnellement de les remuer. Mais rien de plus.

Et pourtant… J’ai une vie formidable.

En utilisant la reconnaissance vocale, j’ai écrit des articles lu par plus de 5 million de personnes. J’ai également créé plusieurs magazines en ligne qui m’ont rendu millionnaire, de manière incroyable.

 

« Ça ne peut pas être vrai », vous allez me dire. « Vous avez fait tout cela et vous n’arrivez pas à bouger ? »

 

C’est dur à croire, je sais, mais c’est vrai. Je fais tout cela depuis chez moi, assis dans une chaise roulante, parlant dans un micro.

 

J’ai pas mal voyagé également. J’ai habité à San Diego, Miami, Austin, et même à Mazatlan au Mexique. Voici une photo de moi menant la belle vie au sud de la frontière.

 

 

J’ai l’air parfaitement misérable, n’est-ce pas ? Pauvre petit !

 

Remarquez, ce n’est pas pour sous-entendre que cela a été facile. Durant mes 34 années, j’ai eu 16 pneumonies, j’ai dû me remettre de plus de 50 fractures, et j’ai passé littéralement des années de ma vie dans des hôpitaux et dans des cabinets de médecins.

 

Mais je suis toujours là. Non seulement j’ai survécu à mon état, mais je me suis construit une vie dont la plupart des gens ne font que rêver.

 

Et à compter d’aujourd’hui, je vais vous expliquer comment j’ai fait.

 

Dans les mois et années qui viennent, j’ai beaucoup de choses à partager avec vous, mais j’ai pensé que nous allions commencer avec les plus grandes leçons que j’ai apprises, leçons que j’ai payées en sang et en larmes, leçons qui ont sauvé ma vie, à de très nombreuses reprises. Commençons.

 

 

Leçon numéro 1 : si vous ne pouvez gagner le match, changez les règles

 

Il y a environ une dizaine d’années, j’étais complètement dépendant de Medicaid, l’assurance santé du gouvernement américain, pour payer environ 120 000 dollars par an de factures médicales. D’un côté j’étais immensément reconnaissant, parce que sans cela, je serai très certainement mort, mais j’étais aussi piégé par cette générosité.

 

Vous savez, Medicaid fixe des limites de revenus. Si je gagnais plus de 700 dollars par mois, je perdais toute couverture médicale. Médecins, personnel soignant, médicament, tout.

 

C’était en quelque sorte un contrat blindé qui m’empêchait d’obtenir à jamais un emploi normal. J’avais un diplôme universitaire, beaucoup d’ambitions, et même quelques offres d’emploi, mais je ne pouvais accepter aucune d’entre elles, parce que le gouvernement ne me le permettait pas.

 

Cela semblait une situation désespérée. Si je trouvais un job, je perdais mon assurance santé. Si je ne trouvais pas de job, j’étais forcé de vivre dans la pauvreté pour toujours. Il n’y avait aucune façon de gagner à ce jeu.

 

Et donc, j’ai changé les règles.

 

Une des offres d’emploi que j’ai reçue, provenait d’un petit (NDT : à l’époque) magazine en ligne appelé Copyblogger, mais au lieu de l’accepter, voici ce que je leur ai dit : » je travaillerai pour vous gratuitement. Ne me payez rien. La seule condition, c’est que, à un moment donné, je vous demanderai quelques faveurs, et si je fais un bon travail pour vous, j’apprécierais beaucoup votre aide ». Ils ont accepté, j’ai donc passé les 2 années suivantes à travailler entre 40 et 80 heures par semaine, la plupart du temps gratuitement bien que parfois, ils ont trouvé le moyen de me donner quelques dollars de temps à autre.

 

Durant cette période, j’ai envisagé de déménager au Mexique. En déménageant là-bas, je pouvais réduire mes dépenses médicales d’environ 120 000 dollars à 18 000 dollars par an. 102 000 dollars d’économies !

 

Finalement, le jour est arrivé où j’ai pressé la détente. J’ai appelé mon patron et je lui ai dit : « vous vous souvenez que je vous ai dit que je vous demanderai une faveur un de ces jours ? Et bien le moment est venu. Je commence mon activité de consultant et j’aimerais que vous m’aidiez à avoir des clients ». Le jour suivant ils m’ont permis de toucher environ 50 000 lecteurs, j’ai fait le plein de clientèle en 24 heures.

 

Puis j’ai déménagé au Mexique, abandonnant complètement le système de santé américain. En peu de temps, j’ai gagné plus de 10 000 dollars par mois, vivant dans un appartement luxueux face à la mer et payant seul toutes mes dépenses de santé.

 

Comment ?

En ne jouant pas le jeu du gouvernement. Au lieu de cela, j’ai créé un jeu différent, un jeu pratiqué selon mes règles, un jeu auquel je pouvais gagner.

 

« Mais, Jon », vous allez me dire, « vous ne comprenez pas, ma situation est désespérée. »

Foutaises. Les options que vous avez maintenant peuvent sembler désespérées, mais vous pouvez toujours en créer de nouvelles. Ce n’est pas facile, mais si vous êtes suffisamment fort, vous pouvez transformer n’importe quelle situation à votre avantage. La clé est de développer cette force à l’avance.

 

Voici comment :

 

 

Leçon numéro 2 : La souffrance est un pouvoir.

 

 

À un moment ou un autre, la vie envoie un coup de poing dans la figure à tout le monde.

 

Le coup de poing peut être douloureux, ou il peut être moins sévère, mais il arrivera sans aucun doute, et votre succès ou échec est largement déterminé par la réponse que vous ferez à une simple question : À quel point pouvez-vous bien encaisser le coup ?

 

Est-ce que vous vous roulez par terre en pleurant et en gémissant

Est-ce que vous retombez sur vos pieds et continuez à avancer ? Où est-ce que vous avez déjà reçu
tellement de coups que vous ne remarquez plus rien ?

Personnellement, je suis un exemple vivant de ce dernier cas. Si vous voulez savoir à quoi ça ressemble que de vivre avec un handicap sévère, imaginez simplement que chaque matin six grands gaillards rentrent dans votre chambre et vous rouent de coups. La plupart des jours, les coups ne sont pas si terribles et vous pouvez continuer votre journée en boitillant. De temps à autres cependant, ils continuent à vous donner des coups jusqu’à ce que vous saignez, ayez des fractures, perdiez conscience, que vous vous réveillez à l’hôpital en respirant à travers un tube.

 

C’est la meilleure façon que je connaisse pour décrire ma vie. Depuis le jour où je suis né, la dystrophie musculaire m’a « battu » quotidiennement.

 

L’avantage ?

Ça m’a rendu extrêmement fort. Je peux supporter n’importe quel coup de poing que la vie m’envoie, sans que ça m’empêche d’avancer le moins du monde.

 

La perte de 100 000 dollars dans une affaire ? Pas un gros morceau. Des employés clés qui démissionnent ? Ça me fait bâiller. Le fisc qui vient faire un audit de mes comptes ? Réveillez-moi quand quelque chose d’important arrive. Après que mes vertèbres aient fusionné ensembles, que mes jambes ce soient brisées, ou après avoir manqué me noyer dans mon propre mucus, rien de ce qui reste ne représente un gros problème.

 

Ça, mes amis, c’est l’avantage de la douleur.

Plus vous expérimentez, plus vous pouvez supporter à l’avenir, et moins cela vous fait dévier de votre route.

 

La façon dont vous répondez à la douleur, c’est une autre question, dont nous parlerons dans un moment. Pour l’instant, ce que je veux vous dire, c’est la chose suivante : Si vous vous sentez déprimé, faible, incapable de faire face aux difficultés de la vie, ce n’est pas parce que vous êtes un être humain qui a des défauts. Le problème, paradoxalement, c’est que vous n’avez pas suffisamment souffert.

 

L’inverse est aussi exact. Si vous voulez devenir quelqu’un de plus fort et de plus compétent, la chose la plus intelligente que vous puissiez faire c’est de systématiquement (et en toute sécurité) augmenter votre tolérance à la douleur.

 

Par exemple, Tim Ferriss (NDT : l’auteur du livre « la semaine de 4 heures » et bien d’autres best-sellers) recommande de s’allonger par terre au milieu de la foule dans un lieu public comme un supermarché ou un café. Vous vous sentirez comme un idiot, mais l’expérience vous conditionnera à faire face à l’embarras et à l’inconfort à l’avenir.

 

Où est-ce que je veux en venir ?

Le degré de succès que vous atteindrez dans la vie est directement proportionnel à la quantité de souffrance que vous pouvez tolérer. Si vous cherchez à accomplir de grandes choses comme monter une entreprise qui réussit, devenir le meilleur dans votre domaine, où changer le monde d’une certaine façon, vous avez besoin de vous entraîner à supporter la douleur que toutes ces choses requièrent. Cela vous préparera également à la prochaine fois ou la vie vous enverra un coup de poing, ce qui est inévitable.

 

La seule mise en garde, c’est que vous devez garder le bon état d’esprit. Si vous répondez à la douleur de la mauvaise façon, cela vous affaiblira et ne vous rendra pas plus fort. Parlons un peu de la façon de faire pour que cela ne se présente pas…

 

 

Leçon numéro 3 : Le secret de la survie

 

En 2006, un adolescent que nous allons appeler Bill était en retard pour son travail chez Wendy’s. Craignant que son patron ne le renvoie, il a décidé d’écraser le champignon, conduisant à travers la ville à 135 km/heure, se faufilant dans la circulation, brûlant les feux rouges et faisant crisser les pneus à chaque coin de rue. Au début tout s’est bien passé, et ensuite quelque chose s’est produit…

 

Il a percuté mon minivan en traversant une intersection. Il allait tellement vite qu’il a presque arraché entièrement la partie avant du van, me faisant tourner comme une toupie dans la rue. Ma tête est passée par le pare-brise, me faisant perdre conscience, et quand je me suis réveillé, j’étais coincé sous le tableau de bord avec les 136 kg le mot fauteuil roulant qui m’écrasait, avec du sang qui jaillissait de ma tête, mes jambes brisées depuis mes doigts de pied jusqu’à mes hanches.

J’ai passé le mois suivant l’hôpital. La facture était d’environ 130 000 dollars et sans grande surprise, j’ai découvert que le bon vieux Bill avait une assurance merdique, qui payait au maximum 20 000 dollars pour l’accident. Pour couronner le tout, le docteur prédisait que ça me prendrait une année entière pour récupérer et pour pouvoir me remettre au travail ou retourner à l’école.

 

En d’autres termes, j’étais foutu.

Comme si ça ne suffisait pas que j’aie déjà à faire face à Medicaid, à la pauvreté et à la dystrophie musculaire, la vie avait décidé d’en empiler un peu plus, simplement pour voir ce que j’étais capable de supporter.

 

Et honnêtement, ça été un miracle que je ne craque pas.

Comme ça aurait été facile de plonger dans le désespoir ! Ou bien dans la rage contre la justice ? Ou peut-être même de prendre un petit peu trop de morphine un jour et d’en finir ?

 

Mais je ne l’ai pas fait. J’ai pu faire face principalement parce que j’avais été conditionné par toutes ces autres difficultés dans ma vie, mais c’était aussi parce que j’avais délibérément changé de point de vue.

 

Les gens qui se débattent le plus dans les difficultés sont ceux qui ne peuvent pas accepter l’injustice incessante de la vie. Ils deviennent tellement absorbés par ce qui devrait arriver, la façon dont les autres aurait dû se comporter, qu’il deviennent incapables de faire face à la réalité.

 

Si je m’étais autorisé à être en colère vis-à-vis de ce bon vieux Bill, ne serait-ce qu’un instant, j’aurais pu plonger dans un accès de rage et de désespoir tellement profond que je n’aurais jamais pu en ressortir. Au lieu de cela, je me suis forcé à dire :  » Ok, c’est ma vie maintenant. C’est quoi la suite ? » Après tout, je ne pouvais pas changer ce qui était arrivé. La seule chose sur laquelle j’avais un contrôle, c’était sur la façon donc je répondais à ce changement et la première et la plus essentielle réponse, était l’acceptation totale et complète.

 

Beaucoup de gens considèrent l’acceptation comme une faiblesse. Il pensent que, s’ils acceptent ce qui leur est arrivé, il admettraient la défaite.

 

Mais c’est l’opposé. C’est seulement en reconnaissant la réalité que vous pouvez créer un plan pour changer cette réalité. Il s’avère que l’acceptation et la première étape vers la victoire.

 

A la suite de l’accident, j’ai embauché un avocat qui s’est bagarré contre les compagnies d’assurance, l’hôpital, tout le monde. Ça a pris des mois, mais finalement, il a payé toutes mes factures médicales il m’a donné assez d’argent pour acheter une nouvelle voiture, sans crédit. Entre-temps, j’ai porté toute mon attention sur ma rééducation, la terminant en six mois au lieu de l’année que les docteurs m’avait prédite, et j’ai repris ma vie en meilleure santé que je n’étais avant l’accident.

 

Quel est le sens de cette histoire ?

Nous avons tous entendu le cliché au sujet des citrons transformés en limonade, mais pour faire cela, vous ne pouvez pas être en colère contre les citrons, nier l’existence des citrons ou être déprimés parce que vous êtes fatigués de faire de la limonade. Vous devez simplement attraper un citron et presser le foutu jus de cette p***** de saloperie.

 

Ou mieux encore, ignorer complètement la métaphore des citrons transformés en limonade. Il y a une meilleure façon d’envisager la chose :

 

 

Leçon numéro 4 : l’art de contrattaquer

 

 

Vous vous souvenez lorsque j’ai parlé de l’importance d’être capable de recevoir un coup de poing ?

Et bien, ce n’est que le premier pas. Une fois que vous avez acquis un peu d’endurance, il est temps d’apprendre à répliquer.

 

Considérez cela :

En boxe, tout débutant apprend l’importance de contrattaquer. en vous attaquant, votre adversaire a baissé sa garde, et il crée une brève mais réelle opportunité pour vous de glisser un coup. Il suffit que vous vous entrainiez à repérer cette ouverture.

 

Et  il n’y a pas que dans la boxe que ce soit vrai.  Dans la vie, toute difficulté porte en elle une opportunité correspondante de taille équivalente.

Par exemple, revenons à mon accident de voiture précédemment évoquée. J’ai mentionné comment j’avais réussi à trouver un avocat qui s’est occupé de régler toutes les factures médicales et que je me suis concentré sur ma rééducation, l’achevant en moitié moins de temps, mais je ne vous ai pas dit la meilleure partie de l’histoire.

 

Entre les séances de rééducation, j’avais beaucoup de temps libre devant moi. Beaucoup de gens se seraient affalés devant la télé en rêvassant, mais heureusement j’ai eu la présence d’esprit de reconnaître cette opportunité. J’avais toujours voulu écrire plus, mais je n’avais jamais eu le temps… jusqu’à l’accident. J’ai donc saisi l’opportunité et je me suis poussé au derrière pour me mettre au travail.

 

Au début, c’était simplement un journal intime, une façon de coucher mes pensées, mes émotions, comme une façon de surmonter le trauma. J’y ai pris tellement de plaisir que j’ai décidé de démarrer un blog, et en 60 jours il a été nominé comme l’un des meilleurs blogs du monde. À la suite de cette nomination, j’ai reçu une offre pour aider à diriger un magazine à venir, qui au final m’a aidé à lancer une activité de consultant quand je suis allé au Mexique, ce qui m’a permis de vivre la vie de mes rêves.

 

Est-ce que c’était de la chance ? Un simple coup de théâtre du destin qui a transformé une tragédie en triomphe ?

Pas du tout, c’était une contre-attaque délibérée, une façon de prendre la force du coup que la vie m’avait donné et de la tourner à mon avantage.

C’en est une parmi tant d’autres à travers ma vie. En voici quelques autres :

Coup : Aucun des enfants sympas à l’école ne veut être ami avec moi, parce que la chaise roulante les met mal à l’aise. Je deviens un paria.
Contre-attaque : Je me retrouve avec d’autres exclus : les geeks.
Ils m’apprennent à faire de la programmation informatique, et je peux écrire mon propre programme informatique à l’âge de 12 ans.

Coup : Je ne peux pas faire du sport, aller nager, où faire aucune autre de ces choses amusantes que font les enfants. Je suis bloqué à l’intérieur, piégé dans un corps qui ne peut pas bouger
Contre-attaque : Pour éviter de devenir dingue, je lis une demi-douzaine de livres par semaine. Lorsque que je passe mon bac, j’ai plus lu que la plupart de mes professeurs.

Coup : Je suis accepté à l’Institut de technologie du Massachusetts (NDT : institut prestigieux), mais je suis pauvre comme Job. Pendant un an je mendie de l’aide, mais tout le monde m’ignore. Je suis obligé de refuser l’offre.
Contre-attaque : Je fais acte de candidature auprès d’une université locale merdique, et ils m’offrent une bourse complète. Je passe l’examen sans mettre endetté.

 

A nouveau, cela ressemble à de la chance, mais ça n’en n’est pas. Les gens que nous appelons chanceux sont soumis à la même règle capricieuse du destin que n’importe qui. La différence : quand la chance est contre eux, il regardent autour d’eux et ils repèrent l’ouverture.

 

La morale de l’histoire :

La prochaine fois que la vie vous flanque un coup dans la figure, arrêtez-vous un moment et posez-vous cette simple question :

Quelle est la contre-attaque ?

 

Aussi mauvaise que soit la situation, aussi désespérée soit-elle, il y a toujours une opportunité pour la retourner à votre avantage. Vous devez simplement vous discipliner à repérer l’ouverture, et ensuite à trouver le courage de l’utiliser.

 

 

Leçon N°5 : comment trouver le courage de faire face à toute situation

 

Le moniteur cardiaque affichait une ligne continue.

 

J’étais allongé dans un petit lit miteux d’une maison de repos dont vous n’avez jamais entendu parler. Pendant des années, j’avais dérivé vers la mort et par chance et miséricorde, j’y étais finalement. Mon coeur s’était arrêté, mes côtes tremblaient et mes intestins s’étaient relâchés, remplissant l’air d’une odeur nauséabonde. Une dernière respiration s’était échappée de mes lèvres, et j’étais parti.

 

Quelques minutes plus tard, une infirmière entrait dans la pièce, pinçant son nez à cause de la puanteur. Sortant sa tablette, elle a vérifié à sa montre et a écrit l’heure de la mort. Ensuite, elle a sorti son téléphone et appela la morgue. « J’en ai un autre pour toi. Chambre 305 », leur dit-t-elle. Après quoi, elle a tirer le drap au-dessus de ma tête et quitté la chambre. Deux jours plus tard, ils effectuaient ma crémation, et c’était tout, d’après eux.

Sacrément déprimant, n’est-ce pas ?

 

Bien sûr, rien de tout ceci n’est jamais arrivé. Je ne serais pas en train d’écrire cela si c’était le cas.

Mais ça aurait pu arriver. Il y a des années, si je n’avais pas pris des décisions différentes, j’aurais pu facilement terminer dans une maison de repos quelque part. Le plus fou, c’est que cela pourrait toujours arriver maintenant. Quelques faux pas, je pourrais tout perdre, finir briser, inutile, et seul.

 

Et je vais être direct avec vous :

Ça me fait sacrément peur. Plus que tout. Vous pourriez sortir un revolver, me fourrer le canon dans la bouche, et commencé à compter, et cela ne pourrait même pas m’effrayer autant que la scène que je vous ai décrite.

Mourir est une chose. une mort vaine que personne ne remarque ni affecte, en est une autre. C’est mon point de vue, en tout cas.

Voilà pourquoi je vous dis cela :

De temps à autre, quelqu’un me demande comment j’ai trouvé le courage de déménager au Mexique sans argent, pas d’amis, et pas de plan de secours. Il y a une multitude de raisons différentes pour lesquelles ça aurait pu mal tourner. J’aurais pu être volé et assassiné par des voleurs le long de l’autoroute, escroqué par des agents de l’immigration, ou mourir de faim parce que je ne pouvais me payer de la nourriture. Soyons réalistes, le Mexique peut être un endroit dangereux et déménager là-bas dans mon état était une folie absolue.

 

Je le savais. Je n’ai jamais fait partie de ces gens délirants qui pensent que rien de mal ne peut jamais leur arriver. Au contraire, j’étais parfaitement certain que j’allais mourir mais j’avais une trouille bleue. Quand nous avons traversé la frontière, je tremblais et j’étais tellement en sueur, que je craignais que les agents de l’émigration pensent que j’étais drogué.

 

Alors pourquoi est-ce que je l’ai fait ? Pourquoi est-ce que je ne suis pas retourné vers la relative sécurité des États-Unis ?

 

Et bien, ma façon de penser a été la suivante :

Préoccupation : Je pouvais être escroqué par les agents de l’immigration
Réponse : Exact, mais c’était toujours mieux que de mourir dans une maison de repos

Préoccupation : Je pouvais être tué par des voleurs le long de l’autoroute
Réponse : Exact, mais c’était toujours mieux que de mourir dans une maison de repos

Préoccupation : Je pouvais mourir de faim parce que je ne pouvais me payer la nourriture
Réponse : Exact, mais c’était toujours mieux que de mourir dans une maison de repos

 

En d’autres termes… Oui, j’étais terrifié mais une triste, petite mort tranquille dans une maison de repos me terrifiait encore plus. J’ai consciemment et délibérément maîtrisé cette peur, l’utilisant pour me propulser à faire des choses que tout le monde pensait démentes.

 

C’est comme cela que marche le courage. Les gens que nous regardons comme des héros n’ont pas de capacités mystiques à transcender la peur. Pour eux, l’alternative à passer à l’action est simplement inacceptable. Ils font ce qui a besoin d’être fait, pas parce qu’ils le veulent, mais parce qu’ils sentent qu’il n’y a pas d’autre choix.

 

C’était la même chose pour moi. Pour que je me pousse à passer à l’action, je n’ai pas à méditer, chercher avoir l’esprit clair, et me suis rendu à faire l’impossible avec calme et confiance. Je me suis réveillé chaque matin et j’ai envisagé ce qui arriverait si je n’agissais pas. J’ai imaginé le moniteur cardiaque, l’infirmière, mon corps poussé dans les flammes. Je me suis mis délibérément dans un tel état de terreur intense que tout ce que j’avais à faire semblait gérable en comparaison.

 

C’est sombre, je sais, mais c’est aussi un immense secret. Si vous vous trouvez paralysé par la peur, la seule façon de s’en sortir est souvent de trouver quelque chose qui vous fait encore plus peur. Imaginez-vous si vous ne faites rien, rendez-le si réel dans votre esprit que vous êtes prêts à sauter en dehors de votre peau et ensuite exploitez cette énergie pour faire les choses folles que vous avez besoin de faire.

 

Pour être clair, je ne suggère pas que vous viviez votre vie dans la peur. Au moment où vous avez fait face à la situation impossible, arrêtez de vous torturer. Adoptez une attitude positive et vivez votre vie.

 

Mais si vous êtes simplement en train d’essayer de survivre ?

La peur est le carburant. Alors brûlez-le, mon ami.

 

Leçon numéro 6 : adoptez la folie

 

Le monde est plein de gens qui vous diront d’être raisonnable. Vous devriez avoir des buts raisonnables, les attentes raisonnables, une attitude raisonnable.

 

Mais écoutez-moi bien…

 

Est-ce que c’était raisonnable pour moi d’abandonner mes droits aux aides publiques et de déménager dans un pays pas particulièrement réputé pour son niveau de soins médicaux ?

Est-ce que c’était raisonnable de travailler plus de 40 heures par semaine pour une entreprise qui ne me payait pas un sous ?

Est-ce que c’était raisonnable pour moi de me lancer dans une entreprise quand l’échec aurait signifié de risquer de mourir de faim dans les rues au Mexique ?

Pas le moins du monde. En réalité, c’était assez dément.

Pourtant, voilà où je veux en venir :

Si vous vous trouvez dans une situation folle, parfois la seule façon de s’en sortir, c’est de faire un pas qui a l’air dingue, mais ça ne l’est pas, parce que l’alternative est pire.

 

Par exemple, j’admettrai volontiers que travailler à plein-temps pour une entreprise sans demander un sous en retour est une idée idiote la plupart du temps. En comparaison avec l’alternative de ne pas travailler du tout, c’est finalement une décision assez intelligente.

 

Le problème est que nous ne sommes pas habitués à penser de cette façon. Nous avons tellement l’habitude d’évaluer les options par leur qualités intrinsèques que nous retrouvons paralysés dans des situations où toutes les options sont mauvaises.

 

La solution c’est de vous entraîner au moins à reconnaître les alternatives dingues. À chaque fois que vous prenez une décision, demandez-vous: « Quelles sont les options que je ne considère pas parce qu’elles semblent trop déraisonnables ? » Vous n’avez pas à retenir l’option folle, mais vous devriez quand même vous entraîner à la reconnaître, parce qu’il se pourrait bien qu’un jour vous en ayez besoin.

 

Voici un exemple courant tiré de ma vie :

Je dois faire face à une bonne quantité de maux de dos. Cela en surprendra certains, parce qu’ils supposent que je ne peux rien sentir depuis le cou jusqu’en bas de la colonne, mais en fait, je le peux. La maladie affecte seulement les neurones moteurs, pas les neurones sensoriels, ce qui fait que je suis capable de ressentir tout autant que n’importe qui. La plupart du temps, la douleur est gérable, mais parfois elle est insupportable.

 

Les options typiques de traitements sont : les narcotiques, les anti-inflammatoires, les phytothérapies, la chirurgie, les exercices physiques, le stretching, la chiropraxie, les réajustements, l’acupuncture, un nouveau système de chaise roulante, et beaucoup d’autres choses raisonnables.

 

Mais quelles sont les options déraisonnables ?

Par ordre croissant de folie, j’aurais pu…

– acheter un lit à 5 000 dollars, qui équivaut à flotter sur une poche d’air, me coucher et ne plus jamais bouger, dirigeant mon activité depuis le lit pour le reste de ma vie.
– détruire toutes les terminaisons nerveuses dans mon dos, le rendant totalement insensible. Que vous le croyez non, c’est une procédure médicale existante, qui s’appelle la dénervation.
– détruire ma colonne vertébrale, perdant non seulement les sensations, mais aussi la possibilité de respirer sans un appareil respiratoire. Les inconvénients sont évidents, je ne suis pas sûr que je pourrais trouver un docteur pour le faire, mais c’est toujours mieux que la dernière option…
– le suicide

 

Est-ce que considère de manière sérieuse l’une de ces options ?

Pas un instant ! La douleur n’est pas intense au point de prendre des mesures aussi drastiques.

Mais c’est aussi réconfortant d’être préparé pour le pire. Aussi négative que puisse prendre la tournure des évènements, je saurai que j’ai toujours ces options. Si je suis forcé d’explorer ces options, que j’ai préparées à l’avance, je n’aurais donc pas à les chercher à ce moment-là.

 

Ce qu’il faut retenir ?

Aussi impossible que la situation puisse paraître, vous n’êtes jamais piégé. Il y a toujours des options.

Cela nous amène à la leçon finale…

 

 

Leçon numéro 7 : n’abandonnez jamais, jamais, jamais

 

Ma mère enfonçait ses mains dans mes côtes forçant l’air à sortir de mes poumons. J’ai toussé, le mucus faisant un bruit métallique au fond de ma poitrine.

 

Et alors j’ai crié.

 

Quelques semaines plus tôt, j’ai attrapé une pneumonie, une infection respiratoire qui est dangereuse pour une paire bonne santé et quasiment une sentence de mort pour quelqu’un comme moi. Je n’avais pas la force de tousser le mucus par moi-même, les médecins avaient donc enseigné à ma mère à enfoncer ses mains dans mes côtes, pour compléter la force nécessaire.

 

Mais cela a marché, mais quelque chose de terrible s’est produit :

Mes côtes ont craqué. Pire, mes os grinçaient un peu plus à chaque fois que ma mère m’aidait à tousser.

 

Mais nous ne pouvions arrêter. Nous l’avions fait, les médecin étaient absolument certains que que j’allais suffoquer et mourir.

 

Alors, littéralement plusieurs centaines de fois par jour, ma mère poussait sur mes côtes cassées. Je criais, je pleurais, je la suppliais d’arrêter. Encore enfant, je ne pouvais comprendre pourquoi elle devait me faire si mal. Aujourd’hui encore, je suis émerveillé à l’idée qu’elle ait pu se décider à faire cela.

 

Mais elle l’a fait. Pendant dès semaines.

 

 

Une nuit, alors que j’étais couché, respirant bruyamment et gémissant, elle a amené cette petite plaque avec une citation de Winston Churchill gravé dessus elle l’a posé sur la table à côté de moi. Elle est posée sur mon bureau aujourd’hui.

 

« Lis-la à voix haute », a-t-elle demandé.

J’ai secoué la tête. « Ça fait mal ».

« Dans ce cas murmure-les », a-t-elle répondu, et c’est ce que j’ai fait. Chaque nuit, elle poussait sur mes côtes une douzaine de fois avant que j’aille au lit, chaque nuit, elle me faisait murmurer ces mots…

« N’abandonne jamais, jamais, jamais ».

 

Un truc à l’eau de rose ? Oui, mais ça marchait. Je n’ai jamais abandonné, pas parce que j’étais fort bravo spécial, mais parce que ma mère n’allait pas me laisser abandonner.

 

Maintenant, je veux faire la même chose pour vous.

Tôt ou tard, nous atteignons tous un point où nos tentatives deviennent insupportables. La détermination se transforme en désespoir, la confiance en soi devient de l’auto apitoiement, et notre espoir pour des lendemains meilleurs diminue et meurt, remplacé par la sombre certitude que notre vie est terminée.

 

Mais ce n’est pas le cas. Nous avons simplement besoin de quelqu’un pour nous rappeler que le triomphe sur l’adversité ne signifie pas être le plus fort, le plus intelligent, l’être humain « parfait » qui peut surmonter tout ce que la vie lui lance comme défis. Au contraire, les grandes victoires sont gagnées par les personnes les plus faibles, vivant aux périodes les plus sombres, faisant face à des monstres qui font battre en retraite et fuir les héros les plus tenaces.

 

Et pourtant, ils l’emportent. Non pas grâce aux richesses ou au génie ou même à la chance, mais en serrant la mâchoire, on s’ancrant fermement au sol, mais en résistant à l’orage. Ils n’arrivent pas à vaincre la malchance, ils lui survivent, ils se cramponnent avec entêtement à leur point d’ancrage, absorbant coup après coup, rugissant leur défiance dans le vent jusqu’à ce que leur lèvres se fissurent et que leur voix se casse, et pourtant il trouve encore la force de murmurer : « Je n’abandonnerai jamais, au grand jamais ».

 

Vous pouvez être l’une d’entre elles. Je sais que vous le pouvez, et c’est pour cela que je suis venu vous dire…

Aujourd’hui, il se peut que vous vous sentiez trop pauvre, ou malade, ou malchanceux pour réaliser vos rêves, mais vous ne l’êtes pas.

Aujourd’hui il se peut que vous sentiez trop fatigué ou déprimé ou triste pour ne serait-ce qu’essayer, mais vous ne l’êtes pas.

Aujourd’hui il se peut que vous sentiez comme un paria, oublié de vos amis ou famille, où quiconque pourrait vous aider, mais là encore, vous ne l’êtes pas.

Vous respirez encore, mon ami. C’est tout ce qu’il faut pour mettre en scène votre retour.

Alors, dites-le maintenant avec moi, voulez-vous ?

Je n’abandonnerai jamais, jamais, jamais

Dites-le. Croyez-le.

Et intégrez l’idée que désormais plus rien ne vous arrêtera sur votre route.

 

Jon Morrow, blogueur de renommée mondiale, a largement contribué au succès de Copyblogger, a fondé ensuite ses propres blogs smartblogger.com et Unstoppable.me. Il enseigne le blogging et ses articles ont été lus par plus de 5 millions de personnes.
Article original : https://unstoppable.me/life-lessons/

Traduction : Louis Szabo
[NDT= Note du traducteur]

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